mercredi 6 décembre 2006

RÉSUMÉ 84/1/1

TABBAGH (Vincent), Les fondations de prières dans les campagnes du Val-de-Saône au milieu du XVe siècle.


Les déclarations exigées de toutes les communautés ecclésiastiques par l’administration ducale pour établir un droit d’amortissement des donations qu’elles ont reçues permettent de mesurer et de mieux comprendre les générosités destinées par les fidèles au remède de leur âme. Dans les campagnes du Val de Saône au milieu du XVe siècle, plus d’un feu sur dix a jugé utile de donner, par acte entre vifs ou par testament, une terre ou une rente pour s’assurer des prières à son intention jusqu’à la fin des Temps. La forme la plus fréquente, une messe chaque année, se trouve concurrencée, auprès des plus pauvres en particulier, par l’énonciation de leur nom chaque dimanche aux prières du prône de la messe paroissiale. Ces fondations sont parfois le fait d’individus soumis à la mainmorte ou que leurs voisins considèrent comme misérables lorsqu’il s’agit d’établir l’impôt. Plus nombreuses dans les familles étroites, mais plutôt mal vues par les seigneurs laïcs, elles concluent sans doute une démarche d’exemplarité. Forme d’intégration de chacun dans sa communauté paroissiale, puisque celle-ci reçoit bien davantage ces dons que les communautés régulières, l’exigence de prière mémorielle s’enracine dans la conscience qu’elle est, avant les mérites ou la foi, le plus efficace moyen de pardon des péchés et de salut éternel de l’âme individuée.