jeudi 2 septembre 2010

RESUME 82/1-2/07

ROZE (Jean-Pierre), Une "préfiguration" peu connue du Musée des Beaux-arts de Dijon : l'établissement projeté par Nicolas Auvert dans les bâtiments de l'ancien évêché.

En réaction au vœu des pouvoirs parisiens de réunir les « monuments des arts » dans des établissements parisiens, plusieurs villes de province cherchèrent à les retenir sur place. C'est dans cet esprit que les autorités dijonnaises avaient eu souci de faire établir un état des monuments des sciences et des arts se trouvant dans les maisons religieuses supprimées. Cette tâche fut confiée au directeur de l'École de dessin, François Devosge, par arrêté du Directoire du Département du 14 janvier 1793. C'est alors qu'entre en scène Nicolas Auvert, se réclamant de la profession de peintre, qui avait perdu, comme la plupart des artistes, tout emploi dès les premiers soubresauts de la Révolution. Mais il avait la fibre patriotique. On le trouve adhérent de la Société populaire dès 1791. Diverses pièces font état de démarches visant à lui procurer des appointements. C'est sans doute dans ce but qu'il proposa au Département d'ouvrir un musée dans l'ancien logis abbatial de Saint-Bénigne pour abriter les œuvres saisies dans les maisons religieuses et chez les émigrés. Le Département s'engagea résolument dans un premier temps, au prix de vertes critiques d'autres autorités publiques. Une rivalité s'établit en outre avec Devosge. Les changements politiques aidant, la querelle tourna finalement au profit de ce dernier, d'une œuvre de sauvegarde essentielle et d'un catalogue qui reste une source inestimable de renseignement pour l'histoire de l'art locale. En regard, le texte du catalogue fourni après de multiples rappels par Auvert, publié dans cet article, paraît bien faible, tant par le nombre et la qualité fort inégale des œuvres recensées que pour le caractère sommaire des renseignements fournis. Il présente cependant l'intérêt d'illustrer les péripéties qui précédèrent le rassemblement dans une collection pérenne de certaines des œuvres de l'actuel Musée des Beaux-Arts et les dépôts dans les églises dijonnaises ou les bâtiments publics.