lundi 6 septembre 2010

RESUME 82/1-2/03

GIRAUDET (Christophe), Les bouchers dans les petites villes à la fin du Moyen Âge : l'exemple du Nivernais.

Les bouchers et les boucheries des villes médiévales importantes ont été largement étudiés par les historiens récents mais on reste assez ignorant sur l’organisation du métier et de ses professionnels dans les petites villes. Les modestes localités du Nivernais de la fin du Moyen Age, dotées d’archives notariales et comptables significatives, nous offrent à cet égard un champ d’investigations intéressant. Cette documentation met en lumière l’organisation très fermée et la très forte endogamie du monde des bouchers, les diverses redevances qui pesaient sur eux, la localisation et l’agencement de certaines boucheries urbaines, le nombre de leurs occupants et, partant, le nombre d’habitants que l’on peut estimer pour quelques unes de ces localités. Nos archives nous éclairent aussi sur certains bouchers qui pratiquaient l’élevage et le commerce de quelques bestiaux. Après deux ou trois générations à s’enrichir dans le négoce de la chair, les bouchers les plus entreprenants se trouvaient capables d’investir dans des fermes fiscales voire dans un moulin ou une mine. Les plus doués parvenaient même à décrocher une charge municipale et à se hisser dans le groupe social mieux considéré des « marchands ».